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S’armant de courage politique, apprend-on sur la toile, le sénateur à vie, Joseph Kabila, autorité morale du FCC, va donner de nouvelles instructions à ses ouailles, du moins à celles qui lui restent encore fidèles, sur les tribulations que connaît sa plate-forme politique qui tend à s’effriter complètement et dont les membres ne savent plus sur quel pied danser. Par ailleurs, Lambert Mende Omalanga, chantre du Kabilisme, invite tout le FCC à rejoindre le grand rassemblement des nationalistes qu’est l’«Union sacrée de la Nation ». Est-ce une stratégie pour noyauter cette plate-forme politique ? Dans tous les cas, le tamisage demeure une voie obligée pour occuper des postes de responsabilités.

Le Front commun pour le Congo (FCC) attend incessamment et avec impatience les nouvelles instructions du Président de la République honoraire et sénateur à vie, Joseph Kabila Kabange, son autorité morale. Car son silence prolongé plonge les membres de cette plate-forme dans l’incertitude, à en croire les réseaux sociaux.

Ces nouvelles instructions, selon les observateurs, vont sûrement éclairer la lanterne de ses partisans sur la crise au sein du FCC et fixer l’opinion sur la poursuite du combat que celui-ci entend mener pour changer le fusil d’épaules afin de contribuer à la réussite de ce qu’il n’a pas pu réaliser durant ses 18 ans de règne.

Et refusant de mourir politiquement, le sénateur à vie avait d’ailleurs annoncé les couleurs, depuis son retranchement dans le Grand Katanga, prouvant ainsi qu’on ne vend pas la peau de l’ours avant de l’avoir tué. Ceux qui le donnaient pour mort politiquement, s’étaient détrompés.

Sauver le FCC en perte de vitesse

Pour rappel, il a créé une cellule de crise pour sauver le FCC qui allait à vau-l’eau. Cela avec de nouveaux animateurs. Entre-temps, la débandade que vit cette plate-forme politique poursuit son bonhomme de chemin. Cela de manière spectaculaire, avec des réactions inattendues et incendiaires de la part des membres transhumants. A l’instar de celle de Lambert Mende Omalanga, ancien porte-parole du gouvernement Kabil a et chantre du Kabilisme, qui demande aux membres du FCC de rejoindre le grand rassemblement des nationalistes qu’est l’Union sacrée de la Nation pilotée par le Président de la République, Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo.

Une stratégie pour noyauter l’Union sacrée de la Nation ?

Cette déclaration fracassante de ce gros poisson du FCC suscite des interprétations en sens divers au sein de l’opinion. Ce revirement spectaculaire de Mende et son invitation de voir tout le FCC basculer dans le camp adverse amènent aussi des interrogations dans le chef de l’opinion favorable à la vision du Chef de l’Etat Tshisekedi sur le redressement national et l’amélioration des conditions sociales de la population. Notamment, Mende est-il sincère ? Si non, s’agit-il d’une stratégie pour noyauter de l’intérieur l’Union sacrée de la Nation ?

Pour la première hypothèse, la sincérité est à exclure dans la mesure où, lors de sa première déclaration pour justifier sa rencontre avec le Président de la République, il a fait savoir, pince-sans-rire, que c’était pour discuter de ‘‘Lignes maritimes congolaises’’, un établissement public qui n’existe plus que de nom et dont il est le président du Conseil d’administration. Alors que, accompagné du secrétaire général de son parti ‘‘Convention des Congolais Unis’’ (CCU), il a parlé politique avec son hôte en abordant le sujet brûlant de l’heure, le ralliement des membres FCC à l’Union sacrée de la Nation. Comment peut-on le prendre au sérieux ?

Quant à la seconde hypothèse, elle est plausible quand on sait que le fidèle de Joseph Kabila, qui n’a jamais eu un précédent fâcheux avec celui-ci, ne peut pas le lâcher sur un coup de tête. On n’apprend pas à un vieux singe de faire des grimaces, renseigne un adage.

N’étant pas né de la dernière pluie, Lambert Mende, vieux routier de la politique, a été membre du Mouvement populaire de la Révolution (MPR/Parti-Etat) et chantre du Mobutisme avant de passer à l’opposition. Revenu d’exil de Bruxelles, il embrassera le tombeur de Mobutu, Laurent-Désiré Kabila (L-DK), en mai 1997, avant de rejoindre la rébellion du Rassemblement congolais pour la démocratie (RCD).

Membre du Gouvernement 1-4 dirigé par Joseph Kabila de 2001 à 2006, ce dernier le maintiendra dans l’Exécutif national en tant que ministre de l’Information et des Médias durant ses deux mandats constitutionnels. Le premier de 2006 à 2011 et le second de 2011 à 2018 avec un glissement de deux ans.

Comment ne pas douter de la sincérité d’un tel homme que le pouvoir Kabila a pratiquement tout donné et qu’il remercierait en monnaie de singe ? Aussi l’opinion n’est-il pas loin de croire que l’ancien porte-parole du Gouvernement Kabila ne soit qu’une taupe, à l’instar de plusieurs autres Kabilistes qui se sont refugiés dans l’Union sacrée de la Nation. Ils auraient la mission de torpiller les actions de ce nouveau courant politique.

Le tamis : un passage obligé

Comme nous l’avons fait remarquer dans l’une de nos précédentes éditions, nous ne cesserons d’attirer l’attention du Chef de l’Etat Tshisekedi et ses collaborateurs sur le fait que des loups et taupes se retrouvent déjà dans la bergerie «Union sacrée de la Nation». Surtout dans le lot venu du FCC. La plupart, friands de la transhumance politique, ont traîné leurs bosses partout.

Les responsables de l’Union sacrée de la Nation sont donc appelés à se méfier de ces adhésions en cascades des transfuges du FCC qui ne rateront aucune occasion pour phagocyter ce regroupement politique de l’intérieur, se transformant en taupes et en loups. Ces transhumants n’aimeraient voir le mandat de Tshisekedi réussir au risque de voir ce dernier rempiler en 2023. Alors qu’ils tiennent mordicus au retour aux affaires de leur bienfaiteur, le sénateur à vie.

Olivier Dioso