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En janvier 2019, tout le monde a applaudi l’alternance démocratique rendue possible au terme des élections du 30 décembre 2018. C’est un pas de géant de la République Démocratique du Congo en tant que nation véritablement engagée dans l’enracinement de la démocratie dans les mœurs politiques.

Ainsi, 29 ans après le discours mémorable de feu le président Mobutu, la RDC venait d’écrire en lettres d’or son nom dans les annales de la jeune démocratie africaine. Sans effusion de sang, la RDC a organisé une cérémonie de passation civilisée et pacifique du pouvoir, faisant oublier les dures années de l’apprentissage de la démocratie.

Voilà deux ans que la RDC vit au rythme de l’alternance. Deux bonnes années qui auront permis de mesurer le grand travail qui reste dans le long et dur chemin de la démocratie.
On pensait que le démon de la division et de la haine était définitivement enterré en RDC. Que nenni !

La rupture de la coalition FCC – CACH a ravivé les vieilles habitudes. Elle a ramené à la surface tout ce qu’on a vécu pendant les premières années de la démocratie, partant de la Conférence nationale souveraine (CNS) jusqu’à ce qu’une rébellion, partie de l’Est du pays, balaie le régime de la 2ème République. A travers le pays, on craint que cette page sombre de l’histoire congolaise ne soit réecrite. Sur le terrain, tous les ingrédients sont en train de se mettre en place.

J’ai peur que mon pays ne s’embrase, tant le discours de la haine et de la division commence à envahir le débat politique. Le discours séparatiste qu’on a déjà oublié a refait surface. Comme toujours, c’est de l’ancienne province du Katanga que surgit ce vent – comme en 1960, dans les premières heures d’un Congo indépendant.

Dans les provinces démembrées du Katanga, des leaders en mal de positionnement rallument des foules avec un discours enflammé faisant l’apologie de l’identité kata-ngaise. Il n’y a pas lieu de minimiser ce vent violent qui souffle depuis le Katanga. Il est bien réel. Il fait craindre que d’autres provinces telles que le Kongo central qui n’a pas fini de panser les plaies de la vague suscitée par le parti politique Bundu dia Mayala ne prenne le relais.

J’ai donc peur du virage dangereux que prend de plus en plus le pays. Avec un Est en proie en une insécurité permanente depuis une vingtaine d’années, que restera-t-il encore au pays si d’autres contrées devaient s’embraser ? N’est-ce pas toute la survie de la RDC qui est en jeu ?

Il y a donc une bonne raison d’avoir peur. C’est le moment pour nos dirigeants, au premier rang desquels le chef de l’Etat, Félix Tshi-sekedi, de valoir son mandat de défendre et de protéger l’intégrité territoriale de la RDC. Evidemment, seul il ne peut rien. A ce niveau de débat, une mobilisation générale s’impose pour barrer la route aux imposteurs qui cherchent à se donner une certaine crédibilité politique en faisant l’éloge de la haine sur fond d’un discours séparatiste.

60 ans après son indépendance, la RD-Congo n’a pas besoin de ce recul, suicidaire pour sa survie en tant que nation dans ses limites territoriales du 30 juin 1960.

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