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Conférence de presse de l'informateur Modeste BAHATI LUKWEBO

Avant de démarrer le travail proprement dit ce mercredi 20 janvier, le sénateur Modeste Bahati Lukwebo, informateur, éclaire l’opinion sur sa mission et tout ce qui se raconte autour en termes de désinformation et d’intox.

L’informateur désigné par le Président de la République, Félix-Antoine Tshisekedi, pour identifier une nouvelle coalition majoritaire au Parlement, le sénateur Modeste Bahati Lukwebo, a éclaire et fixé l’opinion sur la mission lui confiée en vue de poser les bases nouvelles d’un Etat de droit, du développement du pays et de l’amélioration du vécu du peuple. Il l’a fait savoir lors de la conférence de presse qu’il a animée hier mardi 19 janvier 2021 au Fleuve Congo Hôtel dans la commune de la Gombe.

Pour le sénateur Bahati Lukwebo, après sa désignation comme informateur, il était tout-à-fait normal de rencontrer des personnalités politiques, individuellement, des partis et groupements politiques ainsi que des caucus provinciaux pour notamment récupérer leurs mémos et cahiers des charges pour identifier les problèmes et éventuellement prendre en compte leurs propositions. Tout devant concourir, pour l’Union sacrée de la Nation, d’avoir une majorité, pourquoi pas, confortable à l’Assemblée nationale - le tour du Sénat viendra - et de former un nouveau Gouvernement. Une majorité qui permettra d’engager des réformes notamment électorales et institutionnelles. Loin de lui, l’idée d’être prétentieux car l’échec est vite arrivé dans sa démarche, a-t-il reconnu.

Dans tous les cas, a-t-il indiqué, « le rapport final sera présenté au Président de la République », avant de faire remarquer que, « depuis sa désignation, tous les préalables ont été remplis ». Aussi a-t-il invité les Congolais, soucieux du redressement national et déterminés à changer les habitudes décriées hier, à rallier la vision du Chef de l’Etat.

Rompre définitivement avec le passé

S’agissant de l’Union sacrée de la Nation, l’informateur Bahati a souligné, une fois de plus, qu’elle «n’est ni un parti politique ni un regroupement politique mais il s’agit d’un état d’esprit contenu dans la vision du Président Félix-Antoine Tshisekedi pour viser le mieux-être de la population». Cela en s’appuyant, entre autres, « sur le l’environnement et le développement durable grâce aux femmes et hommes déterminés à combattre les anti-valeurs».

A la question de savoir ce qu’il pense de ceux qui ont adhéré à la vision du Chef de l’Etat mais qui considèrent celle-ci comme le prolongement d’une coalition supposée, l’informateur Bahati a fait valoir que les déclarations de ces gens n’engagent qu’eux-mêmes. Il a souligné le fait que, pour l’Union sacrée de la Nation, « il s’agit de rompre définitivement avec le passé, insistant sur le changement radical de mentalité ».

Modeste Bahati Lukwebo a mis cette mauvaise campagne dans le lot de flatteurs. « Nous devons éviter l’escroquerie politique et la flatterie », a-t-il conseillé, relevant le fait qu’il ne faut pas se fier aux déclarations et autres propos des hommes politiques congolais qui, tantôt se contredisent, tantôt se dédisent après.

C’est ainsi que, par précaution, les gens s’engagent dans l’Union sacrée de la Nation par écrit, a-t-il noté, avant de souligner qu’il n’y a que des imbéciles qui ne changent pas. Toutefois, il est d’avis que, pour l’amour du Congo et de son peuple, «les politiciens vont changer de mentalité pour avoir de nouveaux hommes politiques».

Le pardon de l’AFDC est sincère

Répondant à la préoccupation relative à la manière dont il va se départir de l’Alliance des forces démocratiques du Congo et alliés (AFDC-A) en tant qu’autorité morale de cette plate-forme politique, il a dit que celle-ci a été constituée de partis et regroupements politiques qui ont leurs autonomies et liberté.

C’est ainsi qu’en dépit de la cabale orchestrée contre lui par Front commun pour le Congo (FCC) dont il faisait partie pour avoir présenté sa candidature au poste de président du Sénat, l’AFDC-A a accordé son pardon à tout le monde, même aux frondeurs qui ont créé l’aile dissidente. D’ailleurs, la plupart ont déjà regagné le bercail. «Nous refaisons l’unité de notre regroupement politique. La porte reste ouverte et notre pardon est sincère », a-t-il laissé entendre, avant de croire à la réussite de la mission difficile lui confiée par le Chef de l’Etat.

Quant à la gestion des ambitions qui pose déjà problème au sein de l’Union sacrée de la Nation, l’informateur a fait savoir que « lorsqu’on se focalise sur le partage des responsabilités, on biaise justement la vision du Chef de l’Etat ». Pour le cas de l’AFDC-A, « elle se contentera de ce qu’elle recevra. Nous n’avons aucune exigence », a-t-il soutenu. Et de poursuivre : « un groupe d’experts est en train de rédiger une charte devant régir les membres de l’Union sacrée en confectionnant un texte martyr pour ces gens qui ont la même vision ».

Aucun centime dans l’escarcelle de l’informateur

S’agissant d’un million cinq cents mille dollars américains que l’informateur aurait reçu du Trésor public pour le fonctionnement, Bahati Lukwebo a démenti ce qu’il considère comme une rumeur. Il a été catégorique de n’avoir touché aucun rond. Il a même signalé de débourser, de sa poche, les frais de fonctionnement de son cabinet. Il en est de même des membres du panel qui l’entourent.

A noter aussi que l’organisation de cette conférence de presse a été financée sur fonds propres, a-t-il avancé, soutenant que l’informateur n’a aucun budget, le poste n’étant pas pérenne. Mais si une dotation lui est allouée, elle serait la bienvenue.

Concernant le parti politique ‘‘Ensemble’’ de Moïse Katumbi Chapwe qui aurait maille à partir avec l’Union sacrée de la Nation, l’informateur a dit que, formellement, cette formation politique n’a pas écrit pour se retirer de l’Union. Aux gens qui véhiculent ce genre de discours qui divisent, il conseille de cesser avec ces chamailleries qui font du pays la risée du monde.

A signaler qu’après la conférence de presse, l’informateur Bahati, accompagné du panel, a rencontré le Président de la République, Félix-Antoine Tshisekedi, pour un compte rendu de tout ce qui est déjà fait dans le cadre de sa mission.

Olivier Dioso