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Dans l’Union sacrée de la nation, on adhère et on s’aligne derrière une et une seule vision, celle du chef de l’Etat, Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo. En tout cas, c’est ce que le Président de la République a rappelé à tous ceux qui ont accepté volontairement de le rejoindre dans ce nouveau challenge. A bord du navire qui s’apprête à prendre la haute mer agitée de la politique congolaise, Tshisekedi ne voudrait pas refaire les erreurs du passé en signant un partenariat qui finira par l’étouffer. Ainsi à Jean-Pierre Bemba du MLC et Moise Katumbi de Ensemble pour la République qui voulait négocier leur appartenance moyennant un problème commun de gouvernance, Tshisekedi a dit niet ! L’Union sacrée de la nation ne sera ni « Genève bis » ni « FCC bis ».

Ensemble pour la République de Moïse Katumbi s’est retiré de l’Union sacrée de la nation. Son partenaire UDPS et le chef de l’Etat Félix Tshisekedi initiateur de l’idée, n’ont pas daigné lui donner la possibilité d’un débat. D’un revers de la main, le président Tshisekedi a balayé le cahier des charges qui lui était présenté. Le chef de l’Etat a même refusé à ses nouveaux alliés le droit de discuter sur les réformes et le programme du nouveau gouvernement, accuse le camp de Moïse Katumbi.

Les signaux n’étaient pas clairs dès le départ pour le duo Bemba-Katumbi. Si lors de la première rencontre tout était pris en charge par le Trésor public, et les hôtes traités comme des princes par le chef de l’Etat, à la deuxième invitation, le président Tshisekedi a fait attendre ses invités pendant au moins trois jours avant de les recevoir.

Si à la première rencontre, la présence de Jean-Marc Kabund était discrète, au deuxième round, Kabund était au premier rang. Il était à l’offensive. Le message était clair pour le duo Bemba-Katumbi. Le président Tshisekedi attendait d’eux simplement une allégeance totale, sans garantie d’une contrepartie politique.

«Il nous a tendu un piège pour qu’à la fin il nous roule dans la farine en ne respectant aucun engagement», martèle un chef de regroupements de Ensemble.
Pour cette raison, Ensemble s’est retiré de l’Union sacrée de la nation afin de ne pas cautionner cette dérive, dénonce un élu de Ensemble, accusant l’UDPS et le chef de l’Etat d’avoir débauché dans leurs rangs.

Genève-bis ?

A l’UDPS et à la présidence de la République, on fait une autre lecture des événements aux antipodes des positions de Ensemble pour la République. L’erreur du duo Bemba-Katumbi est de croire que dans l’Union sacrée ils étaient partenaires comme à Genève. Alors que pour le président Tshisekedi, la réalité a évolué. Il est au dessus de la mêlée.

A l’UDPS et à la présidence de la république on a voulu faire acter dès le départ que le seul et unique maître du jeu, c’est le président Tshisekedi. Il a le dernier mot sur tout. Du programme de gouvernement, des réformes et dans le choix des animateurs des institutions publiques. Ce préalable était essentiel pour la suite. Tant que tout le monde n’avait cette compréhension des choses, toute discussion devenait inutile et inopérante.

Traumatisé par les humiliations du FCC, le chef de l’Etat a refusé de remplacer Joseph Kabila par deux nouveaux alliés avec qui il partagera les initiatives et les actions.

Dans ces conditions, il ne reste plus qu’une alternative pour Bemba et Katumbi : ne pas faire partie de l’Union sacrée de la nation. L’exercice risque d’être compliqué comme pour Martin Fayulu en se faisant l’allié objectif de Kabila et son FCC.

Tourner la page FCC

Avec la vague de nouveaux adhérents – une bonne centaine – qui viennent du FCC de Joseph Kabila, le chef de l’Etat s’est voulu tout aussi tranchant. Avec l’USN, Félix Tshisekedi n’attend pas non plus rester dans la lignée du FCC, son ancien partenaire de la coalition. Surement, Tshisekedi a tiré les leçons de toutes les humiliations qu’il a subies dans son partenaire avec la famille politique de Joseph Kabila.

Au sein de l’Union Sacrée de la Nation, il attend donc imprimer un nouveau rythme pour ne pas se détourner de sa vision. Le temps presse, se dit-on dans l’entourage du chef de l’Etat. En réalité, c’est une course contre la montre qui est engagée. Parce que, sur papier, Tshisekedi ne dispose plus que d’environ trois ans pour rattraper le retard de deux premières de tâtonnement de son mandat.

Il a donc trois ans – juste trois bonnes années – pour convaincre. Si non, c’est un bilan creux qu’il attend en 2023, année du prochain rendez-vous électoral.

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