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En les associant au projet de la mise en place de l’Union sacrée de la nation, le président Félix-Antoine Tshisekedi s’était assuré de piéger ses nouveaux partenaires ? Qu’il l’ait planifié ou pas, le duo Bemba-Katumbi est pris au piège.

En venant à l’Union sacrée, c’est pour déboulonner le système Kabila que Ensemble pour la République et le Mouvement de libération du Congo ont farouchement combattu. Il est même acquis que pour ces deux regroupements, une alliance, même de raison, avec le camp de l’ex-président Joseph Kabila ne peut être envisagé. Non seulement que leurs bases respectives allaient s’opposer en se désolidarisant de leurs leaderships respectifs. Bemba et Katumbi avaient, ils intégré cette donne importante ? Sans doute que oui. D’ailleurs, c’est sous la dictée de leurs bases que Jean-Pierre Bemba et Moïse Katumbi ont répondu présents aux consultations du Palais de la nation.

Pour convaincre Moïse Katumbi, son bras droit Salomon Kalonda était venu en renfort à l’équipe qui travaille à Kinshasa afin d’élargir les catégories à consulter. Tout le monde avait poussé Katumbi à effectuer le déplacement de Kinshasa. Le même scénario s’était produit chez Jean-Pierre Bemba au MLC. Toutes les fédérations et cellules ont poussé leur chef à se rendre aux consultations.

A ce jour et vu l’évolution actuelle de la situation, le duo Bemba-Katumbi est tombé dans le piège volontairement ou involontairement tendu par Tshisekedi.

En tournant le dos à l’Union sacrée de la nation Bemba et Katumbi font la démonstration auprès des Congolais qu’ils sont venus à l’Union sacrée de la nation pour des postes au sein des institutions. Une image que le peuple ne pouvait associer à ces deux leaders politiques. Malheureusement, le camp du président Tshisekedi a fait en sorte que Bemba et Katumbi se retrouvent dans une situation telle qu’ils sont apparus comme des chasseurs de postes dans un cahier des charges qui reprend toutes les prétentions au gouvernement, dans les entreprises publiques, la diplomatie et la petite territoriale.

L’UDPS s’est donnée un malin plaisir d’organiser des fuites pour mettre la pression et aussi pour discréditer leurs nouveaux partenaires. En le faisant, l’UDPS du président Tshisekedi les a livrés a la méprise et à la sanction populaire. Ne pas adhérer à l’Union sacrée revient à se mettre le peuple sur le dos accréditant la thèse qu’ils ne seraient pas différents des autres et surtout, ils ne sont pas disposés à travailler pour faire partir l’ancien président Kabila et son système. Le piège s’est hermétiquement refermé sur ce duo.

Tsunami dans le camp Katumbi !

Entre-temps, le camp Katumbi connaît un séisme au niveau de l’Assemblée nationale. Une bonne frange de députés nationaux des regroupements politiques pro Katumbi ont décidé de demeurer dans l’Union sacrée de la nation (USN) en dépit du mot d’ordre de leur chairman de quitter le navire.
Contrairement à ce qu’à déclaré Muhindo Nzangi, les autres députés de Ensemble pour la République, dont Jérôme Lusenge, déclarent n’avoir pas quitté l’USN. Cet élu de Beni a confirmé sur son compte tweeter qu’il a signé la motion contre le Premier ministre Ilunga Ilunkamba, se démarquant ainsi de la ligne tracée par sa famille politique.

Des sources concordantes rapportent que Grégoire Lusenge n’est pas seul, une bonne dizaine d’élus de l’Alternance pour la République du groupe parlementaire de l’AMK l’accompagnent dans cette fronde.

Décidément, les députés katumbistes n’émettent plus sur la même longueur d’ondes sur l’option à prendre dans les négociations avec le Président de la République.

Aux dernières nouvelles, sur les 70 députés nationaux qui se réclament de la constellation Katumbi, 40 ont déjà signé la motion contre le Premier ministre ; une bonne manière de boycotter le mot d’ordre de leur chef de file, Moïse Katumbi.

Avec le dernier arrêt de la Cour Constitutionnelle qui ne lie totalement les élus à leur famille politique, ces élus jouissent maintenant de toute la liberté d’adhérer à l’USN, tout en préservant leur siège à l’Assemblée nationale.

Il en est de même des députés du Front Commun pour le Congo (FCC) dont plus de 200 soutiennent la motion contre le chef du gouvernement, tout en adhérant à l’USN.
Avec ce ralliement des députés de Ensemble pour la République, Félix Tshisekedi réconforte son emprise sur l’USN. Ce qui lui confère un net avantage dans les prochaines discussions avec le duo Bemba-Katumbi.

Moïse Katumbi, qui n’aurait plus la main mise sur une frange importante de ses élus nationaux, compte poursuivre les discussions avec le chef de l’Etat. Son entourage rappelle que le chairman n’a pas fermé la porte et qu’il serait prêt à faire des concessions majeures pour ne pas se présenter en principal élément de blocage.

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