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Un voyage privé de Joseph Kabila, président de la République honoraire, aux Emirats Arabes Unis, a créé l’euphorie sur la toile. Des commentaires sont allés dans tous les sens. Certains ont poussé les analyses très loin en pensant déjà à un exil de celui qui a régné sans discontinuer en RDC entre 2001 et 2019. Finalement, il n’en sera jamais ainsi, confirment les plus hautes instances de ce qui existe encore du Front commun pour le Congo. Avec le bouleversement politique de ces derniers mois, Joseph Kabila a préféré prendre du repli, loin des bruits de Kinshasa ou de Lubumbashi où il a établi finalement sa résidence provisoire dans sa ferme de Kashamata.

Joseph Kabila, autorité morale, a perdu de l’ampleur sur le terrain politique. Sa moisson électorale de 2018 s’est fondue comme neige au soleil. Face au feu dévorant déployé par le chef de l’Etat, Félix Tshisekedi, le FCC n’a pas su tenir trop longtemps. L’édifice a fini par s’écrouler, sous le poids d’une Union sacrée de la nation qui a balayé tout sur son passage.

Le FCC est sorti groggy. C’est le moins que l’on puisse dire. Installé depuis son départ du Palais de la nation dans sa concession de Kingakati, dans la partie Est de la ville de Kinshasa, Joseph Kabila a depuis lors déménagé pour sa ferme de Kashamata, à Lubumbashi, sur la route de Kasumbalesa. C’est à partir de Lubumbashi qu’il a traversé la frontière zambienne, avant de prendre son avion à Lusaka pour Dubaï. Un périple qu’il ne pouvait pas entreprendre sans une autorisation préalable de plus instances du pays.

Reculer pour mieux sauter

La réalité est que Kabila n’a pas supporté le coup politique lui assené par son successeur, Félix Tshisekedi. Il a donc choisi de se retrancher à Dubaï, loin des terres congolaises, avant un éventuel come back. Comment va-t-il s’y prendre ? Difficile à prédire.

Toujours est-il que l’ancien président de la République séjourne, depuis dimanche dernier à Dubaï. Un voyage privé qui est intervenu pendant une période de bouleversements politiques dans l’ordre institutionnel. Avec une facilité déconcertante, la majorité, qui lui était totalement acquise, a basculé comme par enchantement vers le Président Félix Tshisekedi, dont le parti, UDPS, ne compte cependant que moins d’un dixième de députés à l’Assemblée nationale.

A ce jour, l’informateur Modeste Bahati Lukwebo est fier de brandir une liste de 391 députés acquis à la cause de l’Union sacrée de la nation ; une initiative du chef de l’Etat. Du coup, toute l’influence de l’ancien président sur le fonctionnement de l’Etat s’est effondrée comme neige au soleil.

Pour de nombreux Congolais, ce voyage à Dubaï est un exil doré qui ne dit pas son nom.

Des photos volontairement publiées sur les réseaux sociaux montrent un Joseph Kabila qui serait en vacance. Et pourtant, certaines sources avaient indiqué qu’il s’agissait d’un voyage pour un contrôle médical de routine.

Prévus pour 15 jours, l’ordre de mission des officiers qui l’accompagne faisant foi, il s’avère que c’est à la fin de cette mission que la vérité éclatera. Toute interprétation hâtive ne peut-être considérée comme de l’argent comptant dans la mesure où, personne n’est dans le secret de l’ancien chef d’État.

Quelques faits démontrent que Joseph Kabila n’a pas l’intention d’aller en exil. Il est avec des collaborateurs et des gardes du corps pris en charge par le Trésor public. Puis, son épouse Olive Lembe vient d’une tournée dans la province du Kongo central. D’ailleurs, elle a été vue mercredi en touriste du côté du baobab de Stanley. De la même manière, leur fils Laurent-Désiré Kabila Jr a été vu, se rendant à l’école tout ce temps.

Un homme qui veut partir en exil n’abandonne pas ses proches.

Pas d’exil pour Kabila

Dans un discours devant des militants de l’UDPS lors d’une matinée politique, le secrétaire général intérimaire du parti présidentiel, Augustin Kabuya, a indiqué qu’il était exclu que l’ancien président de la République aille en exil. Une position officielle du parti présidentiel qui traduit la volonté du pouvoir actuel de ne pas s’engager sur la voie de la chasse aux sorcières.

Il est d’ailleurs exclu qu’un parti historique qui a lutté pour les droits de l’Homme puisse prôner l’exil pour un seul Congolais, fût-il opposant au régime.

Aux dernières nouvelles, on apprend que Joseph Kabila est arrivé à Abou Dhabi, toujours aux Emirats. Un périple entouré d’un grand mystère.

Silencieux depuis l’OPA hostile de Félix Tshisekedi sur le FCC, Joseph Kabila n’a pipé mot. Il affiche un calme olympien. La vengeance, dit-on, est un plat qui se mange froid. Serait-ce le cas pour Joseph Kabila ? Suspense !

Hugo Tamusa