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Reçue, le vendredi 26 février 2021, en consultations par le Premier ministre, Jean-Michel Sama Lukonde, comme promis, la Fédération des entreprises du Congo (FEC) a transmis, le lundi 1er mars, ses propositions de grandes réformes économiques qu’elle attend du prochain Gouvernement. Si le tout puissant patronat congolais promet tout son soutien au Premier ministre, il promet cependant de le juger sur le terrain des réformes courageuses pour donner un nouveau souffle à l’économie nationale.

Ancien directeur général de la Générale des carrières et des mines (Gécamines), le Premier ministre nommé, Jean-Michel Sama Lukonde Kyenge, peut compter sur le patronat congolais, la FEC, et son président, Albert Yuma Mulimbi qu’il a eu à côtoyer comme président du Conseil d’administration de la Gécamines.

Avec Sama Lukonde à la Primature, la FEC ne cache pas la fierté de voir un d’entre eux trôner à la tête du Gouvernement.

Après les consultations du vendredi 26 février, des sources internes du patronat congolais rapportent que la FEC a transmis, le lundi 1er mars, ses propositions de grandes réformes économiques attendues du Gouvernement Sama.

Priorité : «Développer l’économie»

Faisant le point, vendredi dernier, des échanges qu’ils ont eus avec le Premier ministre entrant, Albert Yuma n’est pas allé par quatre chemins.

«Nous avons commencé par présenter nos félicitations au Premier ministre pour son élévation à une très haute fonction. Mais toute suite, nous lui avons dit que c’est une fonction qui a beaucoup de défis et qui tournera autour d’une seule priorité : développer l’économie. Les missions que son Excellence Monsieur le Président lui a données, la paix, la sécurité, le développement à la base, tout ça, il faut une économie qui fonctionne pour avoir des recettes et pouvoir permettre à l’Etat d’agir», a déclaré en substance le président du patronat congolais devant la presse.

La FEC est prête à accompagner le PM Sama Lukonde dans sa mission. « S’il veut réussir, et nous sommes prêts à l’accompagner, il faut qu’il commence par réformer la fiscalité, les régies financières qui sont aujourd’hui, non pas une solution, mais peut-être le goulot d’étranglement. Il faut accentuer l’amélioration du climat des affaires. Ça passe par la réforme de la justice et du cadre législatif. Il y a des textes qui se contredisent de l’économie. Il y a des textes qui empêchent le développement », a soutenu Albert Yuma. Avant de renchérir : «En ayant les deux axes là, il va maintenant accélérer les secteurs importants. Le secteur minier qui doit contribuer davantage. Le secteur industriel qui va donner la valeur ajoutée et la création d’emplois. Le secteur agricole et agro-industriel qui sera le grand pourvoyeur ».

Pour faire tourner la machine, le président de la FEC a exprimé la nécessité de changer des textes de lois. « Nous lui avons dit : vous avez les ambitions légitimes à développer très vite, mais vous avez peu de temps, deux ans à peine. Donc, il faut aller vite en prenant des textes dans ces secteurs. Et puis, il faut pousser l’entreprenariat national. Ce n’est pas seulement la sous-traitance. Il faut faire comme en Afrique du Sud et ailleurs, pousser les entrepreneurs par des textes de lois parce que ce sont eux qui vont créer l’emploi. On veut effectivement les investissements étrangers mais, il doit se faire avec des Congolais qui créent de l’emploi, pas de petites PME, pas seulement de commerçants. Il faut des textes forts et ambitieux».

Pas de stagiaires au Gouvernement

De l’avis de la FEC, le prochain exécutif national devrait être composé des hommes et des femmes qui connaissent le secteur qu’ils vont animer.

«Nous lui avons dit aussi, puisqu’il nous a consultés par rapport au Gouvernement précèdant, nous, nous ne serons pas membres du Gouvernement. Pour réussir choisissez des hommes et des femmes qui connaissent déjà de quoi ils parlent dans les ministères. Vous n’avez pas beaucoup de temps pour réussir. Il faut prendre des gens qui savent déjà leur métier, qui sont des professionnels dans leur secteur. Il ne faut pas prendre des gens qui vont apprendre leur travail en devenant ministre, non, vous n’avez pas de temps pour ça. Recruter la compétence est essentielle », a insisté Albert Yuma. Ie

La FEC a apprécie à juste titre la main tendue de Sama Lukonde. Le puissant syndicat patronal congolais dit avoir adopté le nouveau Premier ministre.

« Nous lui avons dit que c’était une innovation magnifique que dans les consultations politiques qu’il puisse associer la FEC. Là, ça veut dire que le Premier ministre qui vient du secteur privé, ça veut dire il a l’expérience du public, mais aussi du privé, donc il comprend nos préoccupations. Le fait qu’il nous a associés, nous avons trouvé ça un très bon signal. Il sait que c’est avec le secteur privé qu’il doit travailler. Nous l’avons vraiment remercié pour ça », a dit le patron des patrons.

Après la phase de serment, il ne restera donc plus qu’à juger ce nouveau partenariat sur le terrain des actions. En tout cas, pour Albert Yuma, la FEC est derrière Sama Lukonde.

F.K.