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Malgré son impressionnant bassin hydrographique, la République démocratique du Congo présente un faible taux de desserte en eau potable. L’opérateur public, la Régideso, qui jouit d’un monopole dans le secteur, éprouve d’énormes difficultés pour remplir sa mission. Au Gouvernement, on explore des solutions palliatives pour corriger ce déficit. Depuis lors, deux firmes étrangères, réunies dans un consortium, sont prêtes à offrir une solution palliative au Gouvernement congolais, via le ministère de Développement rural.

Lundi 1er mars 2021, le ministère des Finances, Sele Yalaghuli, s’est entretenu, dans son cabinet de travail, avec le consortium Sotrad Water et Stiver Construct/Cameroun au sujet de la mise en marche d’un programme d’intérêt social visant à apporter de l’eau dans les centres ruraux décentralisés de la RDC.

«C’est une réunion qui fait suite à des engagements qui ont été pris par le ministère en charge de Développement rural pour installer des unités de production d’eau potable avec une nouvelle technologie qui combine avec l’énergie solaire pour pomper, stocker l’eau et distribuer sur l’étendue du territoire national », a dit d’entrée de jeu le ministre des Finances. Ce programme intègre 300 unités telles que convenu par la société belge Stiver Water et le ministère de Développement rural.

«En ce qui concerne le ministère des Finances, il était question de pouvoir examiner les conditions de financement pour nous assurer que ça soit compatible avec nos engagements internationaux que nous avons avec le Fonds Monétaire International », rappelle Sele Yalaghuli. Il s’agit, a-t-il rappelé, de « la concessionnalité relative au problème de la durée de remboursement », estimant, compte tenu des engagements souscrits par la RDC, à l’exigence des « financements qui vont au-delà 20 ans de durée de remboursement et également lié au taux d’intérêt qui avoisine le 1% ».

D’un point de vue technique, ce programme reste indéniable dans la mesure où il épouse la vision du Président de la République qui met un accent sur le social qui rime aussi avec l’accès à l’eau potable. Malgré la disponibilité de nos eaux douces, plus de 85% de la population congolaise n’accède pas à l’eau potable. Ce type de programme innovant, a fait remarquer le ministre des Finances, pourrait permettre de résoudre certains problèmes, notamment avec l’énergie solaire. Il s’agit principalement de celui lié à l’insécurité, dans la mesure où il y aura de l’éclairage dans certains villages et que les femmes n’auront plus à parcourir de longues distances en brousses, s’exposant à plusieurs dangers pour puiser de l’eau. Il en est de même des enfants qui ne vont plus rater les cours pour aller chercher de l’eau.

D’un point de vue financier, le ministre Sele estime que les discussions devront être approfondies.
Toujours est-il que, selon le patron de Stiver Construct, Mike Kasenga, « le défi est d’apporter l’eau potable dans les milieux les plus reculés de la RD Congo ». En tout cas, pour le moment, le programme, note-t-il, se trouve dans sa première phase qui consiste à le présenter au gouvernement congolais.

Le consortium a eu l’occasion d’expliquer la partie technique et financière de ce programme qui consiste essentiellement à «apporter l’eau potable à des populations qui en manquent pourrait diminuer les maladies hydriques et c’est un grand atout pour l’économie du pays».

A noter que la technologie que veut apporter ces entreprises est présentée comme adaptée à l’environnement congolais. Ayant une dizaine d’années d’expérience à travers les zones rurales africaines en particulier, Strad Water a conçu, réalisé et installé un nombre considérable d’unités de traitement d’eau dans les zones rurales des pays parce que l’entreprise veut répondre à leur besoin pour qu’elle puisse s’approprier les machines.

Une quinzaine des pays tirent profit de l’expertise de cette firme, dont la Côte d’Ivoire où une centaine de villages sont bénéficiaires de cette technologie, sans oublier le Cameroun, le Togo et le Nigeria qui ont également adhéré à ce programme.

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