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Désormais, il ne se passe plus une semaine sans que l’Inspection générale des finances (IGF) ne lève un nouveau lièvre qu’elle jette en pâture à une opinion publique oisive mais avide de sensationnel. Après le feuilleton Bukanga Lonzo, les comptes de la province du Lualaba, les détournements présumés au ministère de l’Enseignement primaire, secondaire et technique (EPST) par le SECOPE (Service de contrôle et de la paie des enseignants) interposé; la gestion sulfureuse des fonds destinés à la lutte contre le COVID-19 à travers un cafouillis de structures qui se télescopent et se neutralisent mutuellement, voici que l’IGF vient demettre dans saligne de mire la comptabilité du Sénat sous l’administration du bureau sortant présidé par le sénateur Thambwe Mwamba. Il se raconte que ce dernier aurait laissé un découvert d’au moins quatre millions de dollars américains d’un prêt contracté auprès d’une banque commerciale.

Mais curieusement, les limiers de Jules Alingete Key ne montrent pas autant d’empressement ni de zèle quand, à la chambre basse, l’ex-FCC Mboso N’Kodia sollicite et obtient sans coup férir 12 millions de dollars US pour l’organisation d’une session extraordinaire chargée de ratifier le Traité de la zone de libre-échange et l’élection du bureau définitif de l’Assemblée nationale. C’est que dans ce dernier cas, Mboso passe actuellement pour l’un des enfants chéris de l’Autorité morale de l’Union sacrée de la nation; peut-être pas autant que Bahati Lukwebo, donc intouchable, contrairement à l’ombrageux Thambwe Mwamba, celui-là même qui, dans sa morgue légende, osa snober naguère, avec une certaine Jeanine Mabunda, la cérémonie de prestation de serment des juges nommés à la Cour constitutionnelle.

Un crime de lèse-majesté à punir tôt ou tard. L’IGF apparaît dès lors et de plus en plus comme un instrument d’exécution des règlements de comptes politiques. Ses enquêtes sont en elles-mêmes des sentences péremptoires. En sa présence, on est mis devant une alternative diabolique : ou vous êtes coupable, ou c’est Makala ! L’inspecteur général Alingete ne saute pas non plus à bras raccourcis sur les gestionnaires des comptes de la Présidence de la République où, ce n’est un secret pour personne, le budget est largement en dépassement d’un pourcentage à trois chiffres au moins.
La ruée vers l’Union sacrée d’anciens mandataires s’expliquerait en partie par le souci de se soustraire aux enquêtes de l’IGF. Les tenants de cette thèse allant jusqu’à affirmer que si MatataPonyo avait traversé la rue et s’était jeté dans les bras de Félix Tshisekedi, le «dossier Bukanga Lonzo» ne serait pas à l’ordredu jour. Tout se déroulerait comme si l’IGF faisait sienne la maxime biblique : ne touchez pas à mes oints !

MWIN MURUB FEL